KOUNTRASS 113eme NUMERO

Dans Orthodoxes/Rav Henri Kahn

Matan Tora : Le Don de la Tora

Le Matan Tora a nécessité une préparation de sept semaines à partir de la sortie d’Egypte. Lorsque les enfants d’Israël sont arrivés au pied du Sinaï, il leur a fallu encore trois jours pendant lesquels ils se sont sanctifiés et purifiés. Tout cela a exigé beaucoup de préparatifs. Puis le jour venu, Hachem est arrivé dans le tonnerre, les éclairs, la nuée… On s’attendait alors tout naturellement à recevoir quelque chose d’exceptionnel, que personne n’avait encore eu le privilège d’entendre.
Or qu’a-t-on entendu en fin de compte ? « Ne tue pas », « Ne vole pas »…
Est-ce pour cela qu’il fallait tant se préparer ? Qu’il fallait déranger, pour ainsi dire, Ha-chem en personne, pour venir dire en apparence ces quelques banalités ? On ne prépare pas un matériel coûtant des millions pour produire quelque chose qui ne vaut que quelques francs (voir ‘Aqédath Yits‘haq ch. 45). C’est un peu l’impression que donne Matan Tora : certes les Dix Commandements sont respectés par tout le monde, mais nos Sages eux-mêmes disent que si ces mitswoth n’avaient pas été données, nous aurions pu les deviner par nous-mêmes. Fallait-il tous ces préparatifs pour entendre des choses aussi évidentes ?

 

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Lorsque nos Sages parlent de la Tora, ils se réfèrent au fa-meux verset du prophète Jéré-mie (33,25) qui dit :
« S‘il n’y avait pas l’Alliance (à savoir la Tora), [toutes] les lois de la nature n‘auraient aucune raison d’être ».
C’est-à-dire que la Tora est indispensable au ciel et à la terre. Elle est non seulement indispensable, mais vitale. Elle constitue le but et la base de toute existence.
A la Création du monde, il est écrit : « Vayehi ‘érev, vavehi boqer yom é’had — Ce fut soir, ce fut matin, jour un ». Lors-qu’on arrive au sixième jour, ce n’est pas : « Yom chichi – jour six », mais : « Yom hachichi —le sixième jour ». Nos Sages s’interrogent sur ce « hachi-chi », et répondent que la Création fut achevée ce jour-là, qui est le fameux six Siwan, jour de Matan Tora.
Hachem a posé une condition à toute la Création. Si le peu-ple d’Israël reçoit la Tora, très bien ! Sinon, le monde n’a plus de raison d’être, et il retourner au chaos. Vient alors ce six Siwan, mais l’on a comme l’impression qu’il ne s’y passe pas grand-chose !
Il y a une autre chose sur laquelle on peut s’interroger : si la Tora est la base et le but de l’existence, pourquoi a-t-on choisi de la donner à une minorité ? Il aurait fallu La donner à l’humanité entière ! Hachem ne veut-il pas en faire bénéficier les autres êtres humains ? A la rigueur, s’il s’agissait d’un luxe, Il aurait pu le réserver au fils préféré. Mais comment se fait-il que quelque chose d’aussi vital n’ait été donné qu’au seul peuple d’Israël ?
Par ailleurs, même le peuple d’Israël ne l’a obtenue qu’au bout de quelques centaines d’années. Pourquoi la Tora a-t-elle mis tellement de temps à apparaître ?
Pour comprendre tout cela, il faut définir ce que l’on entend par Tora et par conséquent ce qu’a été Matan Tora.

Rav H. Kahn

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https://www.torah-box.com/auteurs/rav-henri-kahn_52.html Directeur du journal juif orthodoxe "Kountrass".

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